Comprendre le tchèque quand on connaît le slovaque

Le slovaque et le tchèque sont deux langues avec une relation particulière : les gens qui parlent l’une de ces langues comprennent l’autre presque parfaitement. En partie parce que les Slovaques sont régulièrement exposés au tchèque (l’inverse est un peu moins vrai), et en partie parce que ces langues sont très proches.

Pour un étranger qui apprend l’une de ces deux langues, c’est un peu plus compliqué. Avant, je pensais que ces deux langues étaient les mêmes à quelques détails près, mais le tchèque s’est avéré parfois assez difficile à comprendre, en particulier à l’oral. Néanmoins, en connaissant les principales différences, on peut facilement augmenter sa compréhension de l’autre langue.

Je ne sais pas si cet article sera utile à beaucoup de monde – il y a assez peu de francophones qui apprennent le slovaque, mais il pourra aussi servir à ceux qui apprennent le tchèque et veulent mieux comprendre le slovaque et à ceux qui se demandent quelle est la différence entre ces langues.

Je parlerai ici du tchèque officiel ; le tchèque parlé a parfois des différences assez importantes avec la langue littéraire (comme des terminaisons différentes dans la déclinaison, ý souvent prononcé ej ou é prononcé ý).

Écriture et prononciation

Les deux langues ont un alphabet très similaire, mais certaines lettres sont spécifiques à une seule langue :

  • tchèque : ě, ř, ů ;
  • slovaque : ä, dz, , ĺ, ľ, ô, ŕ.

Le tchèque n’a pas les diphtongues ia, ie, iu. Il ne connaît pas la loi rythmique qui fait qu’en slovaque, on ne peut généralement pas avoir deux syllabes de suite avec une voyelle longue. Globalement, le tchèque utilise moins souvent les sons ď, ť et ň, et ľ n’existe pas.

Beaucoup de sons ont des correspondances assez régulières, valables pour la plupart des mots :

  • Ř tchèque → r slovaque (attention, quand on n’a pas l’habitude, on peut confondre ř avec ž).
  • Ů tchèque → ô, o, ov (en fin de mot).
  • Ou tchèque → ú (sauf dans les terminaisons de l’instrumental où le slovaque a ou).
  • Ě tchèque → e slovaque (parfois ie).
  • Ie (parfois aussi ia) slovaque → í tchèque.
  • Ä slovaque → a ou ě.
  • Dz slovaque → z.

Assez souvent, quand le slovaque a un o mobile, le tchèque a un e à la place (parfois aussi à l’intérieur des mots). Voici quelques mots qui illustrent ces correspondances :

Slovaque Tchèque Français
krásny krásný beau
tri tři trois
dôležitý důležitý important
domov domů chez soi
súd soud tribunal
vek věk âge
miesto místo lieu
mäso maso viande
päť pět cinq
medzi mezi entre
ktorý který quel

Une particularité importante de la prononciation tchèque est appelée přehláska, ou en français umlaut (je vous jure). C’est un changement phonétique historique qui a, dans la plupart des cas, transformé a en e et u en i après une consonne molle, ce qui explique beaucoup des différences de conjugaison et de déclinaison entre le tchèque et les slovaque. En voici quelques exemples :

Slovaque Tchèque Français
juh jih sud
duša duše âme
jav jev phénomène
kľúč klíč clé
brucho břicho ventre

Cette règle est sûrement la plus importante à retenir : si vous voyez une forme bizarre en tchèque avec un e ou un i après une consonne molle, essayez de le changer en a ou en u et voyez si ça ressemble à une forme slovaque connue.

Dans les mots d’origine étrangère, le slovaque généralement šp et št quand le tchèque a sp et st : comparez šport et sportštruktúra et struktura.

Le tchèque a aussi une manière un peu différente de prononcer les sons d, t, et i, et il a une intonation particulière. C’est la raison pour laquelle le slovaque est, d’après mon avis parfaitement objectif, plus beau que le tchèque. Le v tchèque n’est jamais prononcé u en fin de syllabe, mais v ou f (selon des règles d’assimilation semblables à celles du slovaque).

Différences grammaticales

Les grammaires du slovaque et du tchèque sont extrêmement proches et les différences résident surtout dans les détails des terminaisons. Le tchèque a une plus grande tendance que le slovaque à distinguer les genres au pluriel, et le vocatif est couramment utilisé alors qu’il a quasiment disparu en slovaque.

Noms

En raison de l’histoire de la phonétique tchèque (přehláska), les types de déclinaison sont plus nombreux en tchèque qu’en slovaque et les terminaisons après une consonne molle sont parfois difficilement reconnaissables. La fusion des diphtongues en í donne lieu à des mots qui semblent avoir la même forme à presque tous les cas, là où le slovaque les distingue plus clairement.

Ainsi, un mot comme žena (femme) se décline de manière presque identique dans les deux langues, mais ulica / ulice (rue) a des terminaisons assez différentes.

Slovaque Tchèque
Singulier Nominatif ulica ulice
Génitif ulice ulice
Datif ulici ulici
Accusatif ulicu ulici
Vocatif ulice
Locatif ulici ulici
Instrumental ulicou ulicí
Pluriel Nominatif ulice ulice
Génitif ulíc ulic
Datif uliciam ulicím
Accusatif ulice ulice
Vocatif ulice
Locatif uliciach ulicích
Instrumental ulicami ulicemi

Il faut surtout faire attention au nominatif féminin en –e et à l’accusatif en –i, inconnus en slovaque. Connaître ces quelques différences peut beaucoup aider à la compréhension, autrement on ne reconnaît pas les cas et on ne comprend plus qui fait quoi à qui.

Je ne vais pas vous mettre tous les tableaux, vous pouvez les trouver sur Wikipédia. Quelques autres différences importantes :

  • À cause des mêmes changements phonétiques (ae  et ui après une consonne molle), les noms masculins peuvent former leur génitif en –i ou –e, et leur datif en –i. En tchèque, le génitif de muž (homme) est muže, le datif de stroj (machine) est stroji. En slovaque, ces formes sont respectivement muža et stroju.
  • Dans les deux langues, les mots féminins en –a précédé d’une consonne dure forment leurs locatif et datif singuliers avec –e, mais en tchèque, cela s’accompagne d’un changement de la consonne précédente : Prahav Praze (à Prague), rukav ruce (dans la main). En slovaque, c’est simplement v Prahe et v ruke.
  • Ces changements se retrouvent aussi au locatif pluriel des noms masculins : zámek (château) et kolega (collègue) donnent zámcích et kolezích (en slovaque zámkoch et kolegoch).
  • Comme dit précédemment, le vocatif est utilisé en tchèque. Il se termine généralement en –o pour les noms féminins et en –e ou –u pour les noms masculins. Au pluriel, il est identique au nominatif.
  • Les noms masculins et neutres ont leur instrumental pluriel en –i ou –y au lieu de –(a)mi (« avec les hommes » : s muži, en slovaque s mužmi).
  • Les noms masculins animés ont une terminaison différente au génitif et à l’accusatif pluriel : pán (monsieur) donne respectivement pánů et pány, alors qu’en slovaque c’est pánov dans les deux cas.
  • Les noms neutres en –í (équivalent de –ie en slovaque) ont la même terminaison à presque tous les cas : umění (art) a cette forme-là à tous les cas du singulier sauf l’instrumental (uměním). En slovaque, il y a plus de terminaisons différentes.

Bien sûr, il n’est pas nécessaire de connaître par cœur tous ces détails, mais avoir quelques connaissances permet de mieux identifier les formes qui semblent bizarres.

Adjectifs

Globalement, la déclinaison des adjectifs dans les deux langues est très similaire. La terminaison de certains cas au féminin est –é là où le slovaque à –ej, le neutre a une terminaison particulière (-á) au nominatif et à l’accusatif pluriels, alors que le slovaque ne fait pas la différence entre le neutre, le féminin et le masculin inanimé au pluriel.

Un différence importante concerne les adjectifs mous, beaucoup plus nombreux en tchèque qu’en slovaque. Il y a notamment beaucoup d’adjectifs en –, là où le slovaque a simplement – (par exemple hlavní au lieu de hlavný, « principal »). Les terminaisons sont les mêmes que pour les adjectifs durs, sauf que les voyelles sont remplacées par í : ainsi, la forme hlavní est utilisée à tous les cas du féminin singulier et à tous les genres au nominatif pluriel.

Verbes

Encore une fois, les verbes fonctionnent de manière très semblable dans les deux langues. (Là encore, vous trouvrez tous les détails sur Wikipédia.)

En slovaque, tous les verbes à la première personne du singulier se terminent par –m, sans exception. En tchèque, ils peuvent aussi se terminer par -u ou -i : beriem / beru (je prends), začnem / začnu (je vais commencer), kupujem / kupuji ou kupuju (j’achète).

La troisième personne du pluriel peut être en –í là où le slovaque a –ia ou –ú après une consonne molle : prosí peut aussi bien être « il demande » que « ils demandent » (en slovaque : respectivement prosí et prosia), et « ils ont » se dit mají (en slovaque majú).

Au passé, le verbes s’accordent en genre au pluriel : byli (ils étaient), byly (elles étaient), byla (ils étaient – neutre, identique à la forme du féminin singulier). En slovaque, c’est boli dans tous les cas.

En tchèque, les participes passifs ont une forme courte utilisée pour former le passif : byl koupen (il a été acheté), byla koupena (elle a été achetée), bylo koupeno (il a été acheté – neutre), byli koupeni (ils ont été achetés), etc. En slovaque, kúpený s’accorde comme n’importe quel adjectif et n’a pas de forme courte.

En slovaque, le conditionnel se forme avec le passé et la particule by. En tchèque aussi, mais by se conjugue. Voici par exemple « vouloir » au conditionnel (seulement les formes masculines pour ne pas surcharger le tableau) :

Personne Slovaque Tchèque
Singulier 1re chcel by som chtěl bych
2e chcel by si chtěl bys
3e chcel by chtěl by
Pluriel 1re chceli by sme chtěli bychom
2e chceli by ste chtěli byste
3e chceli by chtěli by

Un autre petit détail : dans les participes passifs et les noms verbaux, –te– et –de– en slovaque correspondent à –ce– et –ze– en tchèque : stratený / ztracený (perdu), údený / úzený (fumé).

Pronoms

Les pronoms personnels tchèques sont, à peu de choses près, les mêmes qu’en slovaque, vous n’aurez pas de mal à les reconnaître. Notez simplement que ona peut aussi être du neutre pluriel.

Les pronoms possessifs sont un peu différents : à la première et deuxième personnes du singulier ainsi que pour le pronom réfléchi (c’est-à-dire en slovaque môj, tvoj, svoj ; en tchèque můj, tvůj, svůj), ils sont plus courts qu’en slovaque. Ainsi, on trouve par exemple parmi les formes de « mon » :

  • môjhomého (génitif singulier masculin et neutre) ;
  • moje (nominatif neutre singulier et quelques autres formes – moje existe aussi en tchèque, je ne sais pas quelle est la différence) ;
  • moja (féminin neutre singulier et quelques autres formes – on peut aussi dire moje) ;
  • mojimimými (instrumental pluriel).

Les pronoms possessifs de la troisième personne sont aussi différents :

  • au masculin et au neutre, jeho dans les deux langues ;
  • au féminin, jej en slovaque (invariable) et její en tchèque (décliné comme les adjectifs mous) ;
  • au pluriel, ich en slovaque et jejich en tchèque.

Il faut aussi mentionner un pronom relatif étrange qui existe en tchèque : jenž, qui se décline à peu de choses près comme les pronoms personnels de la troisième personne, sauf que le –ž reste invariable. C’est apparemment un mot soutenu, et dans la langue courante on utilise normalement který, plus reconnaissable quand on connaît le slovaque (ktorý).

Préfixes et suffixes

Voici quelques correspondances qu’on rencontre souvent entre les préfixes et suffixes en tchèque et en slovaque :

Slovaque Tchèque Sens approximatif
s- (devant une consonne sourde) z- plein de choses
pre- pro- à travers
naj- nej- le plus
-stvo -ství noms abstraits
-dlo -tko (pas toujours) outils
-isko -iště lieux
-áreň -árna lieux
-cia -ce -tion
-zia -ze -sion

Différences de vocabulaire

Pour bien améliorer sa compréhension de l’autre langue, il est essentiel de connaître les principaux mots qui diffèrent. En voici une liste qui est très loin d’être exhaustive :

Slovaque Tchèque Français
hej jo ouais
dovidenia nashledanou au revoir
hovoriť mluvit parler
povedať říkat / říct dire
raňajky snídaně petit déjeuner
mačka kočka chat
ak jestli, jestliže, -li si
len, iba jenom, jen, pouze seulement
páčiť sa líbit se plaire
tiež taky aussi
tu tu, tady, zde ici
smäd žízeň soif
teraz teď, nyní maintenant
ten istý stejný le même
robiť dělat faire
keď když quand
zemiak brambor pomme de terre
volať sa jmenovat se s’appeler
cintorín hřbitov cimetière

Faux amis

Les faux amis ne sont pas extrêmement nombreux, mais il y en a quelques uns :

  • horký : « amer » en slovaque, mais « chaud » en tchèque (« amer » se dit hořký en tchèque, « chaud » horúci en slovaque) ;
  • kúriť veut dire « chauffer » (avec un radiateur) en slovaque, mais kouřit veut dire « fumer » en tchèque (« fumer » se dit fajčiť en slovaque, « chauffer » se dit topit en tchèque – mais topit/topiť veut aussi dire « noyer » dans les deux langues).

Mois

Alors que les noms des mois en slovaque sont d’origine latine, le tchèque utilise des noms d’origine slave, plus poétiques (par exemple, mai a un rapport avec les fleurs et novembre avec la chute des feuilles). C’est probablement l’une des principales difficultés dans l’intercompréhension entre les deux langues – quand les Slovaques entendent une date en tchèque, ils doivent réfléchir un moment pour comprendre de quel mois il s’agit.

Slovaque Tchèque
január leden
február únor
marec březen
apríl duben
máj květen
jún červen
júl červenec
august srpen
september září
október říjen
november listopad
december prosinec

Exemple

Pour vous donner une idée des différences en pratique, voici un paragraphe tiré de l’article de Wikipédia en tchèque sur le tchèque :

Čeština je blízká a vzájemně srozumitelná se slovenštinou. Rozdíly mezi těmito dvěma jazyky jsou ve slovní zásobě menší než rozdíly mezi některými nářečími jiných jazyků. V Česku a na Slovensku existuje pasivní česko-slovenský bilingvismus (mimo jiné i díky dřívější existenci společného státu, Československa), Češi obvykle bez větších problémů rozumějí slovenštině a naopak. Vzájemná srozumitelnost obou jazyků se odhaduje na 95 %. Jejich dialekty vytvářejí jazykové kontinuum, tj. přechod mezi nimi je plynulý. V meziválečném Československu (1918–1938) byly v duchu tehdejší politiky čeština a slovenština považovány za dvě spisovné varianty jednoho jazyka.

Traduit en slovaque (merci à la petite optimiste qui a suggéré quelques corrections), ça donne :

Čeština je blízka a vzájomne zrozumiteľná so slovenčinou. Rozdiely medzi týmito dvoma jazykmi sú v slovnej zásobe menšie než rozdiely medzi niektorými nárečiami iných jazykov. V Česku a na Slovensku existuje pasívny česko-slovenský bilingvizmus (mimo iného i vďaka skoršej existencii spoločného štátu, Československa), Česi zvyčajne bez väčších problémov rozumejú slovenčine a naopak. Vzájomná zrozumitelnosť oboch jazykov sa odhaduje na 95 %. Ich dialekty vytvárajú jazykové kontinuum, tj. prechod medzi nimi je plynulý. V medzivojnovom Československu (1918–1938) boli v duchu vtedajšej politiky čeština a slovenčina považované za dva spisovné varianty jedného jazyka.

Soit en français :

Le tchèque est proche et mutuellement compréhensible avec le slovaque. Les différences entre ces deux langues dans leur vocabulaire sont plus petites que les différences entre certains dialectes d’autres langues. En Tchéquie et en Slovaquie, il existe un bilinguisme tchécoslovaque passif (entre autres grâce à l’existence antérieure d’un État commun, la Tchécoslovaquie), les Tchèques comprennent habituellement le slovaque sans problèmes majeurs et inversement. La compréhension mutuelle des deux langues est estimée à 95 %. Leurs dialectes forment un continuum linguistique, c’est-à-dire que la transition entre les deux est fluide. Dans la Tchécoslovaquie d’entre-deux-guerres (1918–1938), dans l’esprit de la politique de l’époque, le tchèque et le slovaque étaient considérés comme deux variantes littéraires d’une seule langue.

De nombreux mots illustrent les différences dont j’ai parlé plus haut :

  • rozdíly / rozdiely (les différences) : correspondance entre í et ie ;
  • mezi těmito dvěma jazyky / medzi týmito dvoma jazykmi (entre ces deux langues) : terminaisons différentes à l’instrumental pluriel (těmi et dvěma sont des formes bizarres, mais on les comprend facilement avec le contexte) ;
  • pasivní / pasivný (passif) : exemple d’adjectif mou en tchèque ;
  • vytvářejí / vytvárajú (ils forment) : évolution des voyelles en tchèque après une consonne molle.

Quelques mots sont cependant assez différents et peuvent poser problème :

  • díky : je croyais que c’était seulement un mot familier pour « merci » (aussi utilisé en Slovaquie), mais apparemment il veut aussi dire « grâce à », tout comme son équivalent slovaque vďaka ;
  • dřívější : ça ne ressemble à aucun mot slovaque. Mais je sais que dřív correspond au slovaque skôr (plus tôt, avant), donc le mot correspond très certainement à l’adjectif skorší (qui a lieu plus tôt, d’avant) ;
  • meziválečném, locatif de meziválečný : ça ne s’invente pas non plus, il faut savoir que válka en tchèque veut dire « guerre » (vojna en slovaque). Le mot signifie donc « d’entre-deux-guerres » (mezi / medzi : « entre ») ;
  • tehdejší : après réflexion, ça ressemble à teda (alors) et vtedajší (d’alors, de l’époque), ce qui a du sens dans cette phrase.

Conclusion

Bon, Wikipédia, ce n’est pas ce qu’il y a de plus difficile à lire dans une langue étrangère – si j’essayais de lire de la littérature tchèque, ce serait plus pénible, mais au moins je peux déchiffrer sans trop de difficultés les modes d’emploi ou les journaux en tchèque. J’ai même vu au cinéma un film suédois sous-titré en tchèque, et j’ai pu comprendre assez pour apprécier le film (je ne comprends rien du tout au suédois). À l’oral, c’est plus compliqué : je comprends à peu près les Tchèques s’ils font des efforts pour parler clairement, mais c’est très difficile pour moi de suivre une conversation normale.

Je me demande si c’est possible d’apprendre à la fois le tchèque et le slovaque sans finir par mélanger les deux. Au Polyglot Gathering, j’ai un peu essayé de parler tchèque, mais j’avais plutôt l’impression de parler en slovaque transformé (jusqu’à ce que j’en aie marre de trop réfléchir et que je parle seulement en slovaque).

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4 réponses

  1. Joanna dit :

    Moi, je l’ai toujours fait à l’envers – comme j’ai appris le tchèque et non le slovaque, moi il faut se souvenir de mots slovaques qui ne sont pas tchèques. J’ai l’impression, pourtant, que les slovaques comprennent tres bien mon tchèque (malgré ses imperfections), alors que les tchèques, souvent, surtout les jeunes, ont du mal à comprendre le slovaque puisque l’exposition à la langue slovaque s’est diminuée depuis la partition des deux pays. Pendant le Polyglot Gathering, mon tchèque m’a toujours servi très bien, et je ne regrette pas ne pas avoir appris le slovaque auparavant.

    Pour une expérience immersive plus profonde, je crois qu’apprendre les différences est impératif. Mais pour seulement passer quelques jours ou une semaine dans l’autre pays, ça suffit nettement de connaître seulement l’un des deux.

    • M. dit :

      C’est vrai que les Slovaques semblent mieux comprendre le tchèque que l’inverse – en Slovaquie, il y a beaucoup de films et de livres en tchèque, mais en Tchéquie on ne voit pas beaucoup de slovaque. Une fois, j’ai rencontré un Tchèque qui m’a raconté qu’il était allé en Slovaquie et qu’il n’avait pas compris le mot « raňajky » (petit déjeuner), alors que je pense que tout le monde en Slovaquie sait comment on dit « petit déjeuner » en tchèque (snídaně). Mais globalement, je pense qu’ils peuvent s’habituer rapidement : j’ai déjà vu des conversations entre Tchèques et Slovaques où tout le monde se comprend sans difficulté, même les jeunes.

  2. Robin C. dit :

    Merci pour cet article, je le garde en favoris, ce sera certainement une référence pour moi ! J’apprends actuellement le slovaque car ma copine est franco-slovaque et j’aimerais pouvoir parler avec sa famille de Slovaquie. Cependant, je vis à Prague ! De ce fait, il est difficile d’avoir un feedback réel sur mon slovaque naissant puisque mes interlocuteurs sont/parlent tchèque(s). Auriez-vous un conseil à ce propos ?
    En tout cas, merci encore pour cet article complet !

    • M. dit :

      Je pense que le mieux serait de trouver des Slovaques, il y en a pas mal à Prague. Il y a un café des langues tous les dimanches à Prague (j’y suis allé l’année dernière), tu trouverais peut-être des gens susceptibles de t’aider là-bas. (Informations à ce sujet – j’espère que c’est encore valable, il me semble que j’étais allé dans un café différent.)

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