Apprenti polyglotte

Des langues, mais aussi des voyages, de l’informatique et d’autres choses

Slovaquie et Slovénie

La plupart du temps, quand je rentre en France, on me demande : « Ça se passe bien en… t’es où déjà ? En Slovénie ? » (Voire n’importe quel autre pays de l’autre côté du rideau de fer.)

Confondre la Slovénie et la Slovaquie est une erreur courante. Mon colocataire s’est fait envoyer un colis depuis l’Italie, ça a pris plus de temps que prévu parce qu’il a transité par la Slovénie. Et apparemment, George Bush s’est aussi trompé.

En plus d’avoir un nom qui se ressemblent, c’est vrai que ces pays ont pas mal de points communs : des pays plutôt petits avec de belles montagnes, indépendants seulement depuis la chute du communisme, qui ont rejoint l’Union européenne en 2004 et la zone euro peu de temps après…

Drapeaux de la Slovaquie et de la Slovénie

C’est vrai qu’ils auraient pu faire un effort pour les drapeaux.

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Le géorgien

Il y a deux mois, je suis allé en Géorgie. Je n’ai pas appris à la langue (seulement l’alphabet et quelques phrases de bases), mais je me suis renseigné à son sujet et je vais présenter ses caractéristiques les plus intéressantes.

Je pense que pour la majorité des Français, c’est une langue totalement inconnue. Le géorgien ne ressemble à aucune des langues des pays voisins : ni à l’arménien, ni au turc, ni au russe. En fait, le géorgien est presque isolé : il appartient à la petite famille des langues kartvéliennes, qui inclut aussi le svane, le mingrélien et le laze – trois langues régionales de Géorgie (le laze est surtout parlé en Turquie).

L’une des premières chose que l’on remarque à propos du géorgien, c’est son alphabet : celui-ci n’est utilisé que pour le géorgien (et, rarement, les langues régionales sus-mentionnées). L’alphabet est plein de courbes et de boucles, si bien que j’ai déjà entendu dire « C’est quoi ? De l’elfique ? » Il a l’air compliqué, mais il est en réalité facile à apprendre : il y a 33 lettres et il ne distingue pas les majuscules et les minuscules. L’alphabet m’a tellement intéressé que j’ai décidé de créer un site pour apprendre l’alphabet géorgien. Lire la suite →

Une semaine en Géorgie

J’avais envie de voyager quelque part cet automne, alors j’ai regardé pour quelles destinations il y avait des vols pas trop chers à partir des environs. J’ai découvert que je pouvais aller en Géorgie à partir de Budapest pour un prix abordable. Je ne connaissais pas énormément de choses sur ce pays, mais je n’en avais entendu que du bien, j’avais vu des photos de beaux paysages et d’architecture ancienne, et sa langue avait l’air intéressante.

Bref, je me suis envolé début octobre pour Koutaïssi.

Koutaïssi

Koutaïssi est la deuxième plus grande ville de la Géorgie, dans l’ouest du pays. Son aéroport n’est pas particulièrement important, mais c’est là que Wizz Air a tous ses vols.

Après mon arrivée, je me suis promené un peu dans la ville. Elle a l’air moins « soviétique » que ce à quoi je m’attendais : pas d’immeubles énormes et d’avenues larges (même s’il y en a plus loin du centre-ville), mais des petites rues avec des maisons. Les rues sont plutôt propres, j’ai vu plusieurs employés municipaux qui les nettoyaient. Avec les dates que j’avais choisies (la deuxième semaine d’octobre), j’avais peur que le temps soit mauvais, mais c’était presque l’été.

Le Rioni, le fleuve qui traverse Koutaïssi.

Le Rioni, le fleuve qui traverse Koutaïssi.

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Lisons en russe : Metro 2033

Au bout de plus de quatre ans d’apprentissage du russe, je me suis enfin décidé à lire un livre russe : Metro 2033 (Метро 2033) de Dmitri Gloukhovski (Дмитрий Глуховский).

Il s’agit d’un roman dystopique : après une guerre nucléaire, la surface de la Terre est devenue inhabitable pour les humains et les survivants se sont réfugiés sous terre, en l’occurrence dans le métro de Moscou. Les gens survivent comment ils peuvent, les stations de métro deviennent des États indépendants, et de nombreux dangers rôdent dans le métro : peste, néo-nazis, fanatiques religieux et créatures mutantes mystérieuses qui menacent la population. Le héros est jeune homme né peu avant la catastrophe qui se voit confier une mission qui le conduira dans tout le métro.

Le seul livre russe que j’avais essayé de lire avant était trop difficile pour moi, et je suis content d’être venu à bout de celui-ci. Ça m’a pris du temps : je crois que j’ai commencé et j’ai fini en août. J’avais parfois du mal à m’y mettre, je me disais « la flemme de lire en russe, ça va être difficile », mais une fois que j’étais lancé ce n’était pas si dur.

Il ne faut pas essayer de comprendre tous les mots, mais se concentrer sur le sens global : passer des heures à chercher chaque mot inconnu dans le dictionnaire serait trop pénible. Il y avait beaucoup de mots que je ne connaissais pas, mais je pouvais souvent deviner le sens approximatif grâce au contexte. Et puis j’ai appris pas mal de mots, dont du vocabulaire militaire et ferroviaire (maintenant je sais dire « lance-flammes » et « draisine » en russe…).

Et même si vous ne parlez pas russe, je vous recommande ce livre (en traduction), il est très intéressant. Mais prenez un plan du métro de Moscou pour pouvoir mieux suivre.

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Le congrès mondial d’espéranto en Slovaquie

Depuis que j’ai appris l’espéranto, il y a déjà neuf ans, beaucoup de choses que je n’aurais jamais imaginées me sont arrivées grâce à cette langue. L’une d’entre elle est d’avoir trouvé un travail en Slovaquie. L’essentiel du travail que je fais n’est pas directement lié à l’espéranto, mais c’était un peu moins vrai ces derniers temps : j’ai travaillé à l’organisation du 101e congrès mondial d’espéranto à Nitra, en Slovaquie.

Mes tâches principales étaient essentiellement la gestion du site et la traduction de brochures touristiques et des divers documents du slovaque à l’espéranto. Sur place, j’ai servi de technicien et de traducteur.

Mes impressions sont globalement semblables à celles du congrès de l’année dernière, qui a eu lieu à Lille. Beaucoup de choses étaient les mêmes : plein de participants (environ 1300) venus de tous les coins du monde, des conférences et des présentations sur plein de sujets, des spectacles, des excursions, mais aussi des discours interminables.

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European Youth Event

Le 20 et 21 mai, je suis allé à Strasbourg pour European Youth Event, apparemment traduit en français comme « Rencontres des jeunes Européens ». 7500 jeunes de toute l’Union européenne se sont réunis au siège du parlement européen pour débattre de toutes sortes de sujets concernant l’Europe.

Je n’y suis pas allé seul : nous étions 26 à représenter l’organisation mondiale des jeunes espérantophones. Notre but était de sensibiliser les participants à la question de la diversité des langues en Europe, qui est essentielle et pourtant assez rarement discutée. Pour ce faire, nous avons organisé plusieurs activités : un jeu de rôle sur la politique linguistique d’un pays imaginaire, deux introductions à l’espéranto et un quiz sur les langues en Europe, dont je me suis chargé. Vous pouvez faire le quiz, mais les questions sont très difficiles (le record est de 17/20, la moyenne était plutôt autour de 12).

Tous les participants avaient aussi la possibilité de participer à quelques activités au sein du parlement européen. J’en ai choisi trois :

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Polyglot Gathering 2016

Je viens de rentrer du Polyglot Gathering, une rencontre de 350 polyglottes et amateurs de langues qui se tient régulièrement à Berlin, et où j’ai passé quatre jours à parler dans toutes sortes de langues avec des gens intéressants et à assister à des conférences fascinantes. J’y étais déjà allé l’année dernière et j’attendais avec impatience la prochaine édition, et en arrivant je ne pouvais pas croire que ça faisait déjà un an. La plupart des observations que j’ai faites il y a un an sont aussi valables cette année, donc cet article ne sera pas aussi long que la dernière fois.

Le programme était très rempli (jusqu’à trois conférences en même temps), donc je n’ai pas pu aller à toutes celles qui m’intéressaient. Parmi les conférences auxquelles j’ai assisté, je peux citer : Lire la suite →

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Le hongrois

Depuis que je suis allé en Hongrie la première fois, je suis intéressé par la langue hongroise. Le hongrois, étant une langue finno-ougrienne, est un lointain cousin du finnois et de l’estonien, et les langues les plus proches du hongrois sont le khanty et le mansi, deux langues minoritaires parlées en Russie. Bref, quelle que soit votre langue maternelle, le hongrois ne ressemble à rien de connu. C’est pour cette raison que je trouve cette langue intéressante.

Lors de la rencontre polyglotte de Berlin, en mai dernier, l’un des sponsors a décidé d’offrir à chaque participant un manuel de langue de la série Teach Yourself de leur choix. J’ai donc décidé de commander un cours de hongrois pour m’y mettre enfin sérieusement.

Comme j’ai fini la dernière leçon la semaine dernière et que je viens de passer le week-end en Hongrie, je me suis dit que c’était le bon moment pour présenter cette langue. Lire la suite →

Accents circonflexes et réformes orthographiques

Il y a quelques jours (hier, pour être précis), divers médias ont rapporté qu’une nouvelle orthographe serait enseignée dans les écoles à partir de la rentrée prochaine. Les réactions outrées ne se sont pas fait attendre : les accents circonflexes vont disparaître ! C’est du nivellement par le bas, ça nuirait à la beauté du français, de mon temps on apprenait à écrire correctement, pourkoi pa ékrir kom sa ou simplifier les maths parce que c’est trop dur, tant qu’on y est ?

Quelques précisions essentielles :

  • La réforme en question date de 1990 et a été largement ignorée. L’Académie française accepte toujours les deux orthographes.
  • Le gouvernement n’y est pour rien. L’Académie française ne fait aucune loi, et ses propositions n’engagent que ceux qui les acceptent.
  • La raison pour laquelle on en parle subitement 25 ans après, c’est que les éditeurs de manuels scolaires ont décidé d’appliquer la réforme (que l’éducation nationale recommandait depuis 2008).

Que dit la réforme ?

Contrairement à ce que l’on a pu entendre, l’accent circonflexe ne va pas disparaître. Les principaux changements sont les suivants (la liste complète est sur Wikipédia) :

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La langue la plus difficile du monde

Dans tous les pays, beaucoup de gens sont convaincus que leur langue, qu’il s’agisse du polonais, du slovaque, du hongrois, du chinois ou même de l’anglais ou du français, est l’une des plus difficiles, si ce n’est la plus difficile au monde.

Pourtant, bien souvent, les difficultés auxquelles les gens pensent ne sont pas toujours celles qui posent des problèmes aux étrangers. Les Slovaques sont souvent impressionnés parce que je décline les mots correctement, mais l’aspect des verbes est beaucoup plus difficile pour moi, alors que pour les Slovaques ce n’est qu’un vague souvenir de lycée. D’ailleurs, les arguments avancés par l’article mentionné plus haut peuvent s’appliquer tout aussi bien au polonais qu’au slovaque. Les Russes pensent que les règles de ponctuation dans leur langue sont difficiles — c’est peut-être vrai, mais il y a beaucoup de choses à maîtriser avant de se soucier d’être pointilleux sur la ponctuation. Et quand nous pensons au difficultés du français, nous pensons aux conjugaisons ou aux liaisons, mais peu de francophones se doutent qu’il existe un ordre strict pour les pronoms et le bon usage de mots comme « de » et « à » ou « y » et « en » semble donner beaucoup de fil à retordre aux étrangers.

Y a-t-il des langues objectivement difficiles ?

Peu de linguistes s’avanceraient à dire que certaines langues sont plus difficiles ou complexes : d’abord parce que définir la complexité d’une langue est très difficile, et ensuite parce que tous les enfants du monde apprennent à parler leur langue avec autant de facilité. Toutes les langues du monde permettent à ceux qui les parlent d’exprimer tout ce dont ils ont besoin. On pourrait naïvement croire que les peuples « primitifs » parlent des langues « primitives », mais il n’en est rien : les langues aborigènes d’Australie, par exemple, n’ont rien de primitif.

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