Idées reçues sur l’espéranto et ceux qui le parlent

L’espéranto est un phénomène linguistique à la fois unique et mal connu du public : combien savent qu’il existe une littérature en espéranto, ou des gens qui l’utilisent dans leur vie quotidienne ? Il est donc peu surprenant qu’il fasse l’objet de nombreuses idées reçues, certaines compréhensibles quand on n’en a jamais ou presque jamais entendu parler, d’autres plus surprenantes.

Si la plupart des gens n’a rien à faire de l’espéranto, ce que je peux tout à fait comprendre, quelques personnes ont des réactions étonnantes quand on prononce le mot « espéranto » et balancent tout un tas d’idées bizarres, voire d’accusations délirantes envers l’espéranto et ceux qui le parlent. (J’ai surtout assisté à ça sur Internet, dans la vraie vie j’entends moins d’âneries). Et je dois dire qu’à force, c’est agaçant, même si c’est une minorité : quand j’annonce que j’apprends le russe ou le slovaque, je n’ai jamais de réactions négatives. Avec l’espéranto, il m’est arrivé de devoir me justifier ou répondre à des objections que j’ai entendues des dizaines de fois – même si, encore une fois, ce comportement est beaucoup plus fréquent en ligne que dans la vraie vie.

Mais quoi qu’il en soit, voyons donc les principales de ces idées reçues, qu’elles soient compréhensibles ou délirantes.

L’espéranto est une langue morte

Personne ne parle espéranto, ou même personne n’a jamais parlé l’espéranto. C’est peut-être le plus répandu, mais aussi le plus objectivement faux des mythes sur l’espéranto. Il y a des gens qui parlent espéranto (vous vous en doutez si vous avez parcouru mon site même sans être très attentif). Il y en a qui l’utilisent dans leur vie quotidienne (c’est mon cas). Il y a même des gens pour qui c’est une langue maternelle.

Je connais personnellement plusieurs de ces personnes, je peux vous assurer qu’elle parlent réellement l’espéranto comme langue maternelle.

Je vous invite à lire l’article que j’ai écrit pour Le Monde des Langues pour plus de détails.

L’espéranto est une « langue » froide et inexpressive

Une idée étrangement répandue voudrait que l’espéranto soit un « code sans vie », une « langue » (avec les guillemets sarcastique) qui serait peut-être utilisable pour des échanges terre-à-terre, mais pas pour parler de choses profondes, de philosophie, de politique ou de sentiments.

Rien n’est plus faux. J’ai utilisé l’espéranto dans des situations diverses et je peux témoigner qu’on peut s’en servir pour parler de science, faire rire ou écrire des paroles émouvantes. Et il existe des couples dont la langue commune est l’espéranto, ils doivent bien s’en servir pour exprimer des sentiments à un moment ou à un autre.

Une langue créée de toutes pièces par un seul homme

Ce qu’a créé Zamenhof, ce sont de bases qui tiennent en quelque pages : seize règles de grammaire assez vagues et 900 racines (avec lesquelles on peut quand même former pas mal de mots), afin de laisser aux gens qui l’apprendraient le soin de former une langue à partir de son projet. L’espéranto moderne a bien évolué depuis : le dictionnaire d’espéranto le plus complet, Plena Ilustrita Vortaro de Esperanto, a dans les 15 000 racines et de nombreux mots apparus ces dernière années n’y figurent pas encore. L’ouvrage de grammaire le plus complet, le Plena Manlibro de Esperanta Gramatiko, qui se base sur l’usage de divers auteurs et pas seulement de Zamenhof, est un bon gros pavé sous sa forme imprimée.

Bref, l’espéranto n’est pas que le produit d’un seul homme, mais aussi d’une foule de locuteurs anonymes qui l’ont façonné en le parlant.

Même le klingon est plus parlé

L’espéranto est parfois comparé au klingon : quelque chose de peu sérieux, une lubie de geeks boutonneux, bref, pas une vraie langue. Il y aurait même encore moins de gens qui parlent espéranto que klingon, ce qui prouve bien que c’est risible. (Notez au passage que c’est aussi méprisant pour les gens qui apprennent le klingon. Le klingon ne m’intéresse pas particulièrement, mais je peux comprendre qu’on trouve amusant de l’apprendre.)

Dans son livre In the Land of Invented Languages, la linguiste Arika Okrent estime qu’il y a peut-être 20 ou 30 personnes capables de parler le klingon couramment. Les estimations du nombre d’espérantophones vont généralement de 100 000 à deux millions. Les deux millions, je n’y crois pas trop, je ne vais pas rentrer dans ce débat, mais même les estimations les plus pessimistes dépassent le klingon de plusieurs ordres de grandeur. 20 à 30 personnes, c’est à peu près le nombre d’espérantophones natifs que j’ai rencontrés personnellement.

J’ai d’ailleurs pu lire qu’avec l’espéranto, on ne peut parler qu’avec d’autres amateurs de langues construites. Sauf que la plupart des espérantophones n’en sont pas : certes, il y a chez les espérantistes bien plus de gens intéressés par le klingon ou le toki pona que dans le reste de la population, mais la majorité des espérantophones se fiche des langues inventées.

Les espérantistes ne parlent que d’espéranto

C’est une idée étrange, mais que j’ai entendue à plusieurs reprises : avec l’espéranto, tout ce qu’on peut faire, c’est parler d’espéranto avec d’autres gens qui parlent d’espéranto.

Forcément, les espérantophones sont plus susceptibles de parler d’espéranto que le reste de la population, et ça fait toujours un point commun quand on fait connaissance, mais croire que c’est la seule chose dont on parle, c’est absurde. Je ne sais pas quand ni pourquoi la plupart de mes amis espérantistes ont appris l’espéranto, on a d’autres choses plus intéressantes à se dire. J’utilise l’espéranto quotidiennement, l’espéranto lui-même est loin d’être la principale de mes préoccupations. Je parle beaucoup plus souvent de nourriture, d’informatique ou du temps qu’il fait.

Les espérantistes croient que l’espéranto est parfait

Encore un classique : les espérantistes croient fanatiquement que l’espéranto est parfait et que Zamenhof est infaillible.

Pourtant, critiquer ou proposer de réformer tel ou tel aspect de l’espéranto est un sujet populaire sur les forums d’espéranto (moins dans la vraie vie), et la plupart des espérantophones ont probablement leur petite idée de ce qu’ils changeraient s’ils le pouvaient.

Critiquer la communauté espérantiste est également populaire, comme le fait régulièrement le site d’information Libera Folio.

J’attends encore de rencontrer la personne qui croient que l’espéranto est parfait. Si des espérantistes ne veulent pas parler des défauts de l’espéranto, c’est probablement parce que ça les saoule d’avoir la même conversation pour la vingtième fois.

On peut réformer l’espéranto

Une idée liée à la précédente, conséquence de la supposée croyance en la perfection de l’espéranto : les espérantistes sont bornés et fanatiques, ils refusent de réformer tel ou tel point de leur langue alors qu’il serait si simple de débarrasser l’espéranto de ses défauts. Ou alors : j’ai commencé à apprendre l’espéranto il y a quelques semaines, voilà mes idées pour améliorer la langue.

Imaginez : vous apprenez le russe depuis un mois. Vous vous pointez à une rencontre d’un groupe de conversation russe et vous commencez à expliquer aux gens que ce serait mieux si on écrivait en alphabet latin, si on supprimait les déclinaisons et qu’on simplifiait les conjugaisons. Personne ne vous prendra au sérieux ; si vous insistez, tout le monde ne sera pas patient avec vous, et les traiter de fanatiques serait parfaitement ridicule.

L’espéranto, c’est pareil. Si vous débarquez sur un forum d’espéranto et proposez de supprimer l’accord de l’adjectif, de changer les pronoms, l’orthographe ou la moitié du vocabulaire, personne ne le fera. C’est une langue vivante, et aucune langue vivante ne change parce que quelques personnes décident de faire des changements radicaux. L’espéranto évolue peu à peu, les mots viennent et passent de mode, quelques personnes utilisent des petites réformes (concernant notamment les pronoms et les genres) mais sont minoritaires. Si vous voulez changer l’espéranto, apprenez-le et devenez un auteur influent, vous aurez peut-être une chance.

Les espérantistes veulent que le monde entier parle espéranto

L’idée qu’un jour, le monde entier parlera espéranto est assez peu répandue parmi les espérantistes. L’idée qu’il serait souhaitable que l’espéranto soit enseigné dans le monde entier pour servir de langue auxiliaire l’est plus. Cette idée est parfois appelée finvenkismo, mot dérivé de fina venko (« victoire finale »), terme que j’ai rarement entendu prononcé sans sarcasme ou plaisanterie.

On y oppose traditionnellement le raŭmismo (de Rauma, une ville de Finlande), selon lequel l’espéranto, devenu une langue vivante, a une culture et une communauté qui valent la peine d’être cultivées, et faire parler le monde en espéranto n’est ni essentiel, ni réaliste.

En pratique, peu de gens se rangent dans une de ces catégories, et ces deux termes sont rarement employés parce qu’il y a des sujets de conversation plus intéressants. D’ailleurs, je ne trouve pas vraiment qu’ils s’opposent. Je pense personnellement que l’usage de l’espéranto comme langue auxiliaire internationale, au moins dans l’Union européenne, serait une bonne chose, mais ça a peu de chances de se produire un jour, et en attendant ça ne m’empêche pas de profiter de la communauté espérantophone telle qu’elle existe aujourd’hui.

Je ne connais personne qui ait appris l’espéranto en prévision du jour lointain et hypothétique où le monde entier le parlera. Certains contribuent à développer sa culture, d’autres s’en servent pour voyager et se faire des amis. Beaucoup commencent à l’apprendre puis laissent tomber (comme pour les autres langues). Pour certains, ce n’est qu’une langue de plus parmi d’autres, d’autres encore l’ont appris dans leur coin parce que ça leur semblait intéressant, sans se douter qu’il y a d’autres gens qui le parlent.

J’utilise dans cet articles les mots « espérantiste » et « espérantophone » de manière interchangeable, mais vous trouverez facilement des gens qui parlent espéranto tout en affirmant ne pas être des espérantistes.

Les espérantistes prosélytes

C’est une idée que j’ai lue sur de nombreux forums : la raison pour laquelle beaucoup de gens ont une opinion négative de l’espéranto, c’est parce que les espérantistes sont des fanatiques agressifs et prosélytes qui veulent imposer leur langue à tout le monde et qui mettent l’espéranto sur le tapis en permanence.

Parmi les mythes dont je parle ici, celui-ci a peut-être un fond de vérité… mais reste une grosse exagération. Il m’est en effet arrivé, au détour des commentaires d’un blog ou d’un groupe Facebook, de voir des messages pro-espéranto dont le seul résultat possible était de donner au lecteur une image défavorable de l’espéranto. Oui, il y a des espérantistes dont les propos me donnent presque honte de parler espéranto et la meilleure chose qu’ils pourraient faire pour faire progresser l’espéranto, ce serait de la fermer définitivement.

Sauf que les gens comme ça, je dois pouvoir les compter sur mes doigts. Je n’en ai rencontré que sur Internet, pas dans la vraie vie. Et ils ne font pas toujours preuve de la capacité à écrire une phrase correcte en espéranto.

La grande majorité des espérantophones sont des gens raisonnables, avec une vision réaliste de l’espéranto et qui n’en parlent pas constamment aux gens que ça n’intéresse pas. Bref, si les fanatiques de l’espéranto existent bel et bien, ils sont bien moins nombreux que les anti-espéranto irrationnels.

Une vidéo parodique à ce sujet

Cela dit, ça me fait penser au végétarisme et au véganisme. Abordez ce sujet sur presque n’importe quel site Internet français, et vous verrez bientôt des tas de gens vous expliquer que les végétariens et surtout les végans sont des prosélytes intolérants. Pourtant, je connais un tas de végétariens et de végans et je n’ai toujours pas rencontré le végan fanatique mythique qui vous traite d’assassin à table. La plupart veulent juste qu’on les laisse manger en paix.

C’est quasiment de l’espagnol

C’est une remarque qui revient souvent : l’espéranto, ça ressemble à l’espagnol, voire c’est de l’espagnol simplifié.

Je peux comprendre pourquoi on peut trouver que ça ressemble quand on ne connaît ni l’un ni l’autre : l’espéranto a beaucoup de mots qui se termine par –o et –a et beaucoup de vocabulaire d’origine latine. Mais les ressemblances s’arrêtent là : leurs prononciations sont très différentes (sauf peut-être chez les espérantophones espagnols avec un fort accent), leurs grammaires aussi et Zamenhof ne connaissait pas l’espagnol. Les mots importés directement de l’espagnol sont peu nombreux.

Un hispanophone qui n’a pas appris l’espéranto ne le comprendra que très partiellement, un espérantophone qui ne connaît pas de langue romane ne comprendra presque rien à l’espagnol.

C’est une secte

C’est une allégation que j’ai déjà rencontrée plusieurs fois, parfois sur le ton de la plaisanterie, parfois dite sérieusement : l’espéranto, c’est une secte. C’est une accusation grave, alors ça vaut le coup de l’analyser. Voyons donc :

  • « C’est un groupe de gens qui… » est déjà une affirmation douteuse, étant donné qu’il y a des gens qui parlent espéranto sans se considérer membre d’une communauté ou de quoi que ce soit d’autre. La seule chose qui unit tous les espérantophones, c’est qu’ils parlent espéranto.
  • Le gourou… C’est qui ? Qui s’en met plein les fouilles en escroquant les espérantistes ?
  • Probablement personne, vu qu’on peut apprendre l’espéranto sans débourser un centime. Plusieurs sites permettent de l’apprendre gratuitement (lernu!, ikurso, Duolingo), des manuels sont vendus à des prix normaux par Assimil ou Teach Yourself. Quant au prix des rencontres, je vous invite à comparer les tarifs du cours d’espéranto d’été en Slovaquie avec les tarifs d’un cours d’été de slovaque organisé par une université de Bratislava.
  • Il n’y a pas d’idéologie, à peut-être un désir de parler à des gens d’autres pays.
  • Il est très difficile de sortie d’une secte. Si vous voulez arrêter de parler espéranto… personne ne vous retient. J’ai connu plusieurs personnes qui, au fil des années, semblent avoir disparu de la communauté espérantophone sans donner de nouvelles. Personne n’est allé les chercher.
  • Et puis, bien sûr, la recherche du mot « espéranto » sur le site de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) ne donne aucun résultat.

Les gens qui croient que l’espéranto est une secte seraient bien surpris s’ils allaient voir ce qui se passe à un événement comme JES. Ils n’y verraient pas de drapeaux, d’hymnes, de culte de Zamenhof ou de propagande politique, mais juste des jeunes qui s’amusent.

Autres idées bizarres

Pour finir (et rigoler un peu), voilà quelques idées peu répandues. Je ne les ai croisées qu’une ou deux fois sur Internet, mais elles m’ont marqué ou fait rire parce qu’elles étaient particulièrement bizarres. Et j’exclus celles qui étaient clairement des inventions de trolls.

  • Les espérantistes sont fous de rage contre l’ido, parce que son existence prouve que l’espéranto n’est pas parfait. L’ido est l’un des nombreux projets de langues dérivées de l’espéranto pour l’« améliorer », et sans doute le seul à avoir été parlé (il doit être pratiqué par quelques dizaines ou centaines de personnes). En réalité, quelques espérantistes l’ont appris par curiosité, la plupart s’en cogne et quand je vais à une rencontre internationale espérantophone, j’entends le mot « ido » en moyenne zéro fois.
  • L’espéranto est un complot judéo-communiste et George Soros est derrière, ou un truc du genre. Zamenhof était juif, mais c’est tout. Le communisme, je ne vois pas trop le rapport. George Soros a effectivement appris l’espéranto pendant l’enfance parce que son père était espérantiste – j’ai pu entendre dire qu’il le parle comme langue maternelle, mais ce n’est pas tout à fait vrai. S’il a apparemment utilisé l’espéranto pendant sa jeunesse, il n’existe pas la moindre preuve qu’il fasse encore quoi que ce soit en rapport avec l’espéranto. L’association mondiale d’espéranto est constamment en déficit, je pense que ça se verrait si George Soros lui filait des milliards.

    Des espérantistes en train de planifier la domination du monde. Photo : George Soros Kasia Wróblewska

  • Personne ne le parle. Et pas au sens de la « langue morte » de mon premier paragraphe, mais dans le sens « même les gens qui prétendent parler espéranto ne le parlent pas, ou le parlent mal » et « la seule raison pour laquelle l’espéranto est facile à apprendre, c’est que personne ne le parle à un niveau élevé et il n’y a donc personne à qui se mesurer ». C’est bien entendu ridicule.
  • Les espérantistes refusent de prendre en compte les changements apportés à la langue par les natifs. Comme toutes les langues, on l’apprend au contact de la communauté qui le parle. Il faudrait que les natifs soient bien plus qu’une petite minorité pour que leur manière de parler influence l’espéranto. Et encore, ce serait en supposant que les natifs parlent différemment des autres, alors qu’en réalité, il est impossible de déterminer si un adulte qui parle couramment espéranto est un natif ou pas.
  • Je vois parfois des affirmations simplement incorrectes sur un aspect linguistique de l’espéranto. Par exemple, que les affixes fi- et -aĉ- (deux affixes péjoratifs) sont sexistes parce qu’ils ne peuvent être utilisés qu’en parlant des femmes – ce qui est parfaitement faux, puisqu’on peut les appliquer à n’importe quel nom. Cette affirmation m’a d’autant plus surpris qu’elle venait de quelqu’un qui prétendait parler l’espéranto.
  • Les espérantistes sont des « clones idéologiques » avec les mêmes idées politiques. Celle-là vient d’un article qui mérite la médaille d’or des allégations hallucinantes (et insultantes) que j’ai lues concernant l’espéranto et les espérantophones (je ne mettrai pas de lien pour ne pas faire de pub à son auteur). Si les espérantistes ne sont même pas d’accord sur l’espéranto, comment peuvent-ils être des « clones idéologiques » ?

J’espère que cet article ne me donne pas trop l’impression d’être sur la défensive. Grâce à l’espéranto, j’ai vécu beaucoup de choses intéressantes : je suis allé en Ukraine, en Russie, au Togo, je me suis mis à apprendre le russe et le slovaque, et j’ai déménagé en Slovaquie. Pour beaucoup d’espérantophones, l’espéranto leur a apporté de bonnes expériences, des amitiés internationales, voire un partenaire – forcément, ils ont envie d’en parler autour d’eux, et quand la réaction est pour la douzième fois « ouais mais ça sert à rien, personne le parle, c’est pas une vraie langue », ça peut agacer, tout comme les accusations (même rares) d’être un idéaliste naïf, un idiot ou un membre fanatique d’une secte.

J’ai été inspiré par un article sur le même sujet d’un espérantiste irlandais. Il aborde certains points différents des miens, mais sur d’autres il dit essentiellement la même chose.

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