La Macédoine

Il y a deux ans, j’ai cherché des vols pas trop chers et je suis allé en Géorgie. Cette année, quand j’ai vu que je pouvais aller en Macédoine pour 25 € aller-retour, je n’ai pas hésité : je n’y étais jamais allé et je voulais découvrir les Balkans. Début novembre, je me suis envolé pour Skopje pour cinq jours.

Skopje

Skopje est la capitale et, de loin, la plus grande ville du pays. J’ai commencé la visite par la vieille ville, sur la rive nord du Vardar : la forteresse et le vieux bazar. Le vieux bazar m’a agréablement surpris : ce quartier ressemble plus à la Turquie qu’à ce qu’on peut s’attendre à trouver dans un pays slave.

La forteresse de Skopje

Le vieux bazar de Skopje, avec des hammams et des mosquées. Il y a des fontaines d’eau potable un peu partout dans la ville, c’est très pratique.

L’identité macédonienne est une source de conflit avec les pays voisins, notamment la Grèce qui accuse la Macédoine de s’inventer une histoire autour de la Macédoine antique et d’Alexandre le Grand. Le centre de Skopje m’a un peu donné cette impression : sur la place principale de la ville, la place de Macédoine, se dresse une immense statue d’Alexandre le Grand à cheval. Il y a beaucoup de bâtiments blancs avec des colonnes, neufs mais construits dans un style antique. En voyant l’un des plus imposants, j’ai pensé que ce devait être le parlement ou quelque chose comme ça, mais c’est en fait le musée d’archéologie.

Alexandre le Grand sur la place de Macédoine

Le musée d’archéologie

Si vous allez à Skopje, ne ratez pas le mont Vodno, surmonté de l’immense Croix du Millénaire qui surplombe la ville. Des bus directs y vont depuis la gare routière, puis un téléphérique vous conduira jusqu’au sommet pour seulement 100 denars (environ 1,65 €). Vous pourrez admirer un très beau panorama de Skopje et des environs.

Vue de Skopje depuis le mont Vodno

J’ai bien mangé à Skopje. La cuisine a des influences balkaniques et ottomanes. J’ai mangé des burek, des baclavas, des tulumba (un dessert que je ne connaissais pas) et des kebabs. Si vous voulez ce qu’on appelle « kebab » en France, demandez un döner, sinon vous recevrez des boulettes de viande. J’ai aussi goûté la pastrmajlija, plat macédonien formé d’une pâte sur laquelle on peut mettre une grande variété d’ingrédients, à la manière d’une pizza. Et en plus, la nourriture n’est pas chère : 2,5 € le döner, 0,50 € la baclava, et un repas complet au restaurant plutôt classe (avec boisson et dessert) m’a coûté moins de 8 €.

Matka

Le canyon de Matka (dont le nom signifie étrangement « utérus »), situé à une quinzaine de kilomètres de la ville, est un passage obligé pour les touristes qui visitent Skopje. C’est un endroit très joli avec de nombreuses possibilités de randonnée, des monastères et des balades en bateau.

Le canyon de Matka

Le monastère Saint-Nicolas. Il faut grimper un peu pour y accéder.

J’ai moi-même fait une balade en bateau. Ça m’a permis d’apprécier le paysage et de visiter une grotte, même si la grotte n’était pas tellement intéressante. Le guide s’est contenté de dire « allez voir la grotte, on repart dans 20 minutes ».

L’auberge de jeunesse où j’ai séjourné avait affiché les horaires des bus pour Matka et pour en revenir. Je n’ai eu aucun mal à trouver le bus pour y aller, mais pour le retour, c’est une autre histoire. Aucun arrêt de bus n’est indiqué à l’entrée du canyon, il n’y a aucun horaire, mais par contre il y a beaucoup de taxis prêts à vous ramener en ville pour 10 €. Je n’étais pas le seul à être perdu : j’ai fini par suivre un groupe de touristes qui avaient aussi raté le bus, à marcher 2 km et à prendre le bus d’après.

Ohrid

Je ne suis pas resté seulement à Skopje : j’ai pris le car pour aller à l’autre bout du pays, à Ohrid. Cette petite ville est située au bord du lac du même nom, qui est sans doute la région la plus touristique de Macédoine. Son centre-ville est inscrit à juste titre au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y trouve des églises orthodoxes et des mosquées, de jolies ruelles, et bien sûr des restaurants et des boutiques de souvenirs.

Ohrid

C’est à Ohrid que se trouve l’endroit le plus célèbre de Macédoine : la petite église Saint-Jean de Kaneo, sur une falaise qui surplombe le lac. C’est un endroit très joli. Ça doit grouiller de monde en été, mais en novembre, j’étais presque seul, et il faisait encore beau (et anormalement chaud pour la saison).

L’église Saint-Jean de Kaneo. Les montagnes de l’autre côté du lac sont en Albanie.

Un peu plus haut, on trouve le monastère Saint-Pantaleimon. Tout est en travaux, j’ai payé 100 denars pour y entrer, mais ça ne vaut pas vraiment le coup.

Le monastère Saint-Pantaleimon

Encore plus haut, il y a la forteresse de Samuel. L’entrée coûte 60 denars (1 €), et là, ça vaut le coup : on a une très belle vue des environs.

Panorama d’Ohrid depuis la forteresse

Quand je suis sorti de la forteresse, un jeune un peu bizarre m’a abordé en anglais. Il a commencé à me suivre en me racontant qu’il faut travailler pour avoir de l’argent, que la famille, c’est le plus important, et qu’il voulait devenir prêtre. Je me suis efforcé de l’ignorer en me demandant s’il voulait m’agresser ou me demander de l’argent, mais il a fini par arrêter de me suivre et il s’est mis à crier des choses de plus en plus étranges et incompréhensibles. Bref, ça a été le seul moment effrayant de mon séjour, et ça n’a pas suffit à ternir l’image d’Ohrid.

J’ai passé une nuit à Ohrid, dans une chambre qui m’a coûté 9 €. Le lendemain, avant de retourner à Skopje (le trajet dure 3h30), je suis allé à Struga, une petite ville située sur la rive nord du lac, à 20 minutes en minibus. C’est une ville moins touristique, ou peut-être moins orientée vers le tourisme international (il y avait moins d’anglais et plus d’albanais). Ça doit être sympa en été, quand on peut se baigner, mais je dois dire qu’il n’y a pas énormément de choses à voir là-bas.

Struga

La langue

Le macédonien est une langue slave et s’écrit en alphabet cyrillique (même si, étrangement, j’ai vu plusieurs panneaux en alphabet latin). Connaissant le russe et le slovaque, j’ai pu sans difficulté déchiffrer un grand nombre de panneaux et plus ou moins comprendre les menus, même si beaucoup de mots étaient pour moi incompréhensibles – le turc a pas mal influencé son vocabulaire. J’ai appris quelques expressions de base et j’ai même réussi à faire des achats en baragouinant en mauvais macédonien, même si beaucoup de gens qui travaillent dans les restaurants ont un niveau d’anglais suffisant pour ce genre de situations.

Le macédonien a plusieurs particularités intéressantes qui le distinguent de la plupart des langues slaves : il n’a pas de déclinaisons (il en reste quelques vestiges dans les pronoms) et il a un article défini qui prend la forme d’un suffixe (-от au masculin, -та au féminin et -то au neutre). Le système verbal est riche, mais il n’a pas d’infinitif. L’accent tonique est presque toujours sur l’avant-avant-dernière syllabe, ce qui est beaucoup plus simple que dans les autres langues slaves du sud.

Les Bulgares prétendent que le macédonien n’est pas une vraie langue (l’article de Wikipédia en bulgare sur le macédonien s’intitule « Norme littéraire macédonienne ») – il est vrai qu’avant les années 40, les dialectes bulgares et macédoniens étaient considérés comme des dialectes du bulgare. Cela dit, à l’auberge de jeunesse à Skopje, j’ai entendu la réceptionniste dire « Il y a un Bulgare qui m’écrit en bulgare, mais je ne comprends pas vraiment », et elle ne connaissait manifestement pas les lettres de l’alphabet bulgare qui n’existent pas en macédonien.

Le macédonien est loin d’être la seule langue de macédoine : dès mon arrivée, j’ai été surpris de voir un grand nombre de panneaux bilingues avec de l’albanais, et à quelques endroits j’ai même vu un peu de turc. Les Albanais forment en effet 20 % de la population de la Macédoine, et ils sont en majorité dans certaines municipalités, comme à Struga, où j’ai entendu de l’albanais dans la rue – en tout cas il me semble, je ne m’y connais pas assez en albanais pour le reconnaître du premier coup en l’entendant.

Un panneau trilingue à Struga : anglais approximatif, macédonien et albanais.

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