Le congrès mondial d’espéranto en Slovaquie

Depuis que j’ai appris l’espéranto, il y a déjà neuf ans, beaucoup de choses que je n’aurais jamais imaginées me sont arrivées grâce à cette langue. L’une d’entre elle est d’avoir trouvé un travail en Slovaquie. L’essentiel du travail que je fais n’est pas directement lié à l’espéranto, mais c’était un peu moins vrai ces derniers temps : j’ai travaillé à l’organisation du 101e congrès mondial d’espéranto à Nitra, en Slovaquie.

Mes tâches principales étaient essentiellement la gestion du site et la traduction de brochures touristiques et des divers documents du slovaque à l’espéranto. Sur place, j’ai servi de technicien et de traducteur.

Mes impressions sont globalement semblables à celles du congrès de l’année dernière, qui a eu lieu à Lille. Beaucoup de choses étaient les mêmes : plein de participants (environ 1300) venus de tous les coins du monde, des conférences et des présentations sur plein de sujets, des spectacles, des excursions, mais aussi des discours interminables.

Les derrières de l’organisation

Organiser un tel congrès demande énormément de travail. Le comité d’organisation était constitué de douze personnes, plus un nombre assez important de personnes qui ont aidé (dont je faisais partie). Il y a un nombre incalculable de détails à régler. De mon côté, j’ai surtout fait le site, traduit beaucoup documents depuis le slovaque et participé à plusieurs réunions de préparation.

Présentations culturelles

L’un des éléments incontournables du congrès mondial d’espéranto est la « soirée nationale », où l’on présente la culture du pays hôte. C’est parfois un peu ennuyeux, mais pas cette fois : on a fait venir Lúčnica, le plus célèbre et sans doute le meilleur ensemble folklorique de Slovaquie, avec plein de musiciens et de danseurs. Tout le monde a été ravi par le spectacle qui a eu lieu sur la place principale de la ville.

Lúčnica

Mes photos à moi sont moches, celle-ci provient de cet album.

Le dernier soir, il y a eu un autre concert international avec des musiciens locaux et des chanteurs espérantistes, toujours sur la place principale. Le maire de Nitra était très favorable à l’espéranto et la ville semble avoir pas mal investi pour ce congrès : affiches dans la ville, transports gratuits pour les participants, spectacles, réception à la mairie, etc.

Ils ont mis une affiche énorme sur le théâtre

Une affiche énorme sur le théâtre

Expérience d’interprète

Ce qui a été particulièrement intéressant pour moi, c’est les excursions. C’est toujours un peu le même principe : un guide local accompagne le groupe, et un espérantiste traduit ses explications. Je me suis porté volontaire pour traduire depuis le slovaque.

J’ai choisi d’accompagner l’excursion à Banská Štiavnica, qui est l’une des plus belles villes de Slovaquie. Il n’y avait pas de Slovaque dans notre groupe, mais j’étais accompagné par un Tchèque qui pouvait me souffler les bonnes réponses. Selon les endroits que nous avons visité, j’ai eu plus ou moins de mal : le guide qui nous accompagnait toute la journée parlait clairement et je le comprenais bien, une guide dans un château articulait mal et j’ai eu du mal à suivre (j’ai dû appeler le Tchèque à la rescousse), une autre avait appris son texte par cœur et parlait comme un livre.

Banská Štiavnica, peut-être la plus belle ville de Slovaquie

Banská Štiavnica, peut-être la plus belle ville de Slovaquie

J’ai aussi traduit pendant une excursion d’une demi-journée dans la vieille ville de Nitra, et je n’ai pas eu besoin d’aide (le guide était compréhensif, faisait des phrases courtes et me donnait des synonymes). Je suis très content d’avoir atteint un niveau assez élevé en slovaque pour pouvoir comprendre des explications pas toujours simples et ensuite les traduire. J’avais appris au préalable beaucoup de mots en rapport à ce que nous allions visiter, mais il est difficile de prévoir de quoi on va avoir besoin : Banská Štiavnica est une ville minière, et pourtant nous n’avons visité aucune mine.

Programme pour les jeunes

Je vais d’habitude à des rencontres de jeunes espérantophones, mais au congrès mondial la moyenne d’âge est beaucoup plus élevée. Il y a quand même des jeunes qui participent, et cette année le programme pour les jeunes était beaucoup plus riche que l’année dernière : excursions moins chères que les excursions officielles, pique-nique, concerts… L’un de ces concerts était de Barbora Hazuchová, chanteuse semi-célèbre pour avoir participé à une émission genre Superstar. Elle ne parle pas espéranto, mais elle a interprété une de ses chansons en espéranto.

Juste avant le concert, on est venu me demander d’aller sur scène pour traduire ce qu’elle voulait dire entre les chansons. Je n’ai pas trop compris pourquoi, vu qu’il y avait des vrais Slovaques dans la salle, mais je l’ai fait et j’ai trouvé ça plutôt marrant.

Conclusion

Participer à un tel événement et voir derrière les coulisses est une expérience très intéressante, je suis content d’avoir pu être utile et que le temps que j’ai passé à apprendre le slovaque ait servi à quelque chose.

Malgré ça, je ne sais pas si je recommanderais ce congrès à un débutant : comme je l’ai dit, la moyenne d’âge est assez élevée et le congrès est un peu trop formel à mon goût, notamment les cérémonies d’ouverture et de fermeture (c’est prodigieusement ennuyeux, je ne sais pas qui ça peut amuser).

Le congrès de l’année prochaine sera à Séoul : je ne sais pas si j’irai, mais je voudrais bien visiter la Corée, ça me changerait de mes voyages habituels en Europe centrale.

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3 réponses

  1. Serbero dit :

    Ton blog me bonne de plus en plus envie d’aller à congrès espérantophone. Et ton boulot a franchement l’air de valoir le coup! (Ton assos ne chercherait pas un peu d’assistance pour l’anglais voire le russe par hasard? :-P)

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